Programme de salle

Retrouvez en cliquant ici le programme distribué au public les soirs de représentation.

Frank Wedekind, auteur

Frank Wedekind est originaire de Hanovre, né en 1864 dans une ancienne famille comtale. D’abord étudiant en droit, rédacteur publicitaire pour Maggi, et parfois embauché dans un cirque où il découvre la pantomime et l’acrobatie, il rejoint finalement la Suisse en 1888. La mort de son père assure son indépendance financière. Wedekind se consacre désormais à l’écriture.

En 1891 sa « tragédie enfantine » L’Éveil du Printemps est taxée de pornographie. Suivront une vingtaine de pièces de théâtre, écrites au fil d’une vie mouvementée : censure, prison, mariages houleux… jusqu’à un enterrement tumultueux en 1918. Provocateur, sulfureux, Wedekind sera tout de même parvenu à obtenir une rare liberté d’expression, notamment en choisissant de revenir au cabaret de ses débuts, lieu plus permissif mais propice à la peinture de la société.

À propos de L’Éveil du printemps

« J’ai commencé à écrire sans aucun plan, avec l’intention d’écrire ce qui m’amusait. Le plan s’établit après la troisième scène et combina des expériences personnelles et celles de mes camarades d’école. Presque toutes les scènes correspondent à des événements réels. Même les mots: « Le petit n’était pas de moi », qu’on m’a reprochés comme une grossière exagération, ont été lâchés dans la réalité. En travaillant, je me suis mis en tête de ne perdre l’humour dans aucune scène, si grave fût-elle.

(…) Pendant dix ans, de 1891 jusqu’à 1901 environ, la pièce en général […] a passé pour une insensée cochonnerie. Depuis 1901, surtout depuis que Max Reinhardt l’a portée à la scène, on ne la tient plus que pour une tragédie très méchante, d’un sérieux de pierre, pour une pièce à thèse, pour un manifeste au service de l’Aufklärung sexuelle, ou encore de je ne sais quel slogan de la pédanterie petite-bourgeoise. Je serais étonné si je vois le jour où on prendra enfin cette oeuvre comme je l’ai écrite voici vingt ans, pour une peinture ensoleillée de la vie, dans laquelle j’ai cherché à fournir à chaque scène séparée autant d’humour insouciant qu’on en pouvait faire d’une façon ou d’une autre. »

Frank Wedekind
Traduction François Regnault
Extrait de Ce que j’en pensais (notes de Wedekind sur ses propres oeuvres, 1911), paru dans À propos de L’Éveil du printemps.

Armel Roussel, metteur en scène

Note d’intention

C’est la quatrième fois que je vais aborder L’Éveil du Printemps mais la première fois que je vais la monter professionnellement.

La toute première fois que j’ai eu affaire à L’Éveil du Printemps, c’était en 1992. J’étais alors étudiant à l’Insas en 2eme année de la section mise en scène. Le professeur en charge de la classe d’interprétation dramatique s’est désiste de son stage au dernier moment et les étudiants acteurs m’ont alors proposé de travailler avec eux. Nous avons traversé l’Éveil comme un objet brut, proche de nous, sans réelle dramaturgie, un réceptacle de l’angoisse de nos 20 ans, mais aussi comme une pièce de santé, une pièce qui donne tout à jouer, sur le désir, l’amour, l’envie de mourir, la peur de l’échec, les relations à la famille, à la société, la difficulté à se construire une identité propre en faisant la juste équation entre ce qu’on nous inculquait et ce que nous découvrions qui n’allait pas dans le même sens. Nous avons fait alors de l’Eveil une pièce de rébellion, dans un geste aussi punk que romantique, uniquement dans le jeu, l’énergie et le texte, sans aucun décor, à la lumière réelle, avec à peine quelques costumes, du tout brut.

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